Un des lieux communs les plus acceptés est la maxime selon laquelle, "aux chiffres, on leur fait dire ce que l'on veut"!
En fait ces fameux chiffres sont un essai de mesure d'un phénomène réel. Une photo chiffrée de celui-ci. Or chacun a déjà vécu la frustrante expérience de la photo "qui ne rend absolument pas le vécu de l'événement"! Il suffit que le point de vue soit mal choisi pour perdre toute la saveur de la scène. Il en est de même avec les chiffres. Une seule et unique mesure peut être trompeuse et/ou déformante.
De même les représentations de ces mêmes données chiffrées peuvent donner lieu à des images mentales de la réalités très différentes.
En fait ces fameux chiffres sont un essai de mesure d'un phénomène réel. Une photo chiffrée de celui-ci. Or chacun a déjà vécu la frustrante expérience de la photo "qui ne rend absolument pas le vécu de l'événement"! Il suffit que le point de vue soit mal choisi pour perdre toute la saveur de la scène. Il en est de même avec les chiffres. Une seule et unique mesure peut être trompeuse et/ou déformante.
De même les représentations de ces mêmes données chiffrées peuvent donner lieu à des images mentales de la réalités très différentes.
Le résultat des récentes élections américaines fournit une excellente illustration de ce fait.
Ainsi, quand on regarde la carte, mainte et mainte fois vues après l'élection, représentant les états remportés par les deux candidats, on a comme la (dés)agréable impression que l'Amérique est plus "rouge" que "bleu" (amusante expression dans le langage européen). Ceci est, bien entendu, dû au fait que cette carte géographique fait son "job" : elle représente les états en essayant de conserver les proportions d'aires des uns par rapport aux autres.
Ainsi, quand on regarde la carte, mainte et mainte fois vues après l'élection, représentant les états remportés par les deux candidats, on a comme la (dés)agréable impression que l'Amérique est plus "rouge" que "bleu" (amusante expression dans le langage européen). Ceci est, bien entendu, dû au fait que cette carte géographique fait son "job" : elle représente les états en essayant de conserver les proportions d'aires des uns par rapport aux autres.

Pour obtenir une carte "géographique" qui tienne compte du poids démographique de chaque état, important dans le processus électoral, il faut recourir aux cartogrammes ou cartes anamorphiques. Ces cartes géographiques sont déformées de façon à ce que leurs surfaces correspondent à la valeur qu'elle doivent représenter (on leur applique une anamorphose) . La carte ci-dessous représente les états déformés, mais dont les rapports de surfaces sont fidèles aux rapports démographiques. Le bleu domine déjà plus ...

On peut aller plus loin, et effectuer la déformation de façon à représenter les collèges électoraux de chaque état comme ci-dessous (mais cela ne change plus fondamentalement la donne).

On peut aussi raffiner l'analyse en représentant, non plus les états mais, les comtés. Cette fois, l'impression première de dominante rouge est encore plus importante.

Impression corrigée par le cartogramme qui représente à nouveau les comtés par rapport à leur importance démographique.

Mais il n'y a pas que les cartes anamorphiques qui peuvent aider à comprendre le poids des états et des comtés. Un simple coup d'œil aux cartes de densité démographique éclaire déjà pas mal la chose...

Une autre comparaison intéressante est celle qui met face à face les densités démographiques des hispaniques et des noirs. On a beaucoup dit/écrit que la capacité de rassembler ces votes serait déterminante pour Obama. Il semble qu'il ai réussi quand on compare les résultats par comté et les deux cartes ci-dessous : il l'a emporté là où la concentration d'au moins une de ces communautés était maximale.
Communautés hispaniques :
Communautés hispaniques :

Communautés noires :

Pour terminer ce billet une question : peut-on tout expliquer par les cartes ? L'excellente émission "Le dessous des cartes" consacrée à l'Islam y répond de façon brillante, comme toujours.
Une dernière note (humoristique?) : (via francbelge) cet article expliquant qu'Obama aurait gagné le Sud car les "dépôts sédimentaires de la fin du crétacé ont fourni au dix-neuvième siècle un sol fertile à la production cotonnière et a favorisé la concentration des esclaves noirs. Ce qui cent cinquante ans plus tard fournira la base électorale du prochain président américain". Etonnant, non ?
Une dernière note (humoristique?) : (via francbelge) cet article expliquant qu'Obama aurait gagné le Sud car les "dépôts sédimentaires de la fin du crétacé ont fourni au dix-neuvième siècle un sol fertile à la production cotonnière et a favorisé la concentration des esclaves noirs. Ce qui cent cinquante ans plus tard fournira la base électorale du prochain président américain". Etonnant, non ?
1 commentaire:
Surprenant et intéressant. J'ai beaucoup de difficultés à comprendre le mode d'élection aux E-U mais j'y arriverais avec un peu plus de temps. Les chiffres peuvent réellement être interprétés de manières différentes. Les media nous le confirment à chaque sondage.
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